Séminaire LNPL Jasmin ABULARACH MENDOZA, Noémie BAULANDE, Mireille COPIN et Cécile FERLIN "Work in progress"

Publié le 26 septembre 2022 Mis à jour le 5 octobre 2022
le 28 octobre 2022
14h
UT2J-Campus du Mirail, Maison de la recherche, salle E412
JA,NB,MC,CF
JA,NB,MC,CF




Ce séminaire est consacré à la présentation des recherches doctorales en cours de quatre doctorantes du laboratoire LNPL, actuellement en 2e année de thèse.
 

 




Jasmin ABULARACH MENDOZA, " Accéder au sens des noms dérivés en portugais L3 : les effets de transparence et leurs implications didactiques"

Notre recherche doctorale s’intéresse à la reconnaissance et à l’apprenabilité des noms déverbaux dans l’acquisition d’une langue supplémentaire (L3 portugais) par le prisme de la transparence des mots complexes. La transparence est fréquemment évoquées dans les études morphologiques et également souvent convoquée dans les études de l'acquisition du lexique en L2. Cependant dans la littérature il est encore difficile de trouver une définition objective ou qui dépasse la bipartition "opaque vs transparent" pour rendre compte des relations entre mots. Pour discuter la notion de la transparence et son implication dans les usages multilingues, cette étude se propose, d’une part d'analyser la transparence à l’intérieur du système linguistique de la langue portugaise (transparence intralinguistique) ; et d' autre part, d'analyser la transparence pour un locuteur multilingue qui possède déjà un répertoire lexical (transparence interlinguistique). Dans cette présentation, seront exposés la méthodologie et les réflexions pour la conception du corpus linguistique, base pour l’analyse de la transparence intralinguistique. Les résultats concernant le(s) calcul(s) de transparence intranlinguistiques seront également présentés et discutés.
 

Jasmin ABULARACH MENDOZA est doctorante à l'Ecole Doctorale CLESCO et mène sa recherche doctorale dans les laboratoires CLLE et LNPL sous la direction de Fabio Montermini (DR CNRS, CLLE) et Cyrille Granget (PU, LNPL) .

Noémie BAULANDE, "Du rapport entre liens sémantiques et contrôle linguistique : étude comparative de l’accès lexical bilingue et monolingue"

Jusqu'à très récemment, la recherche sur l’accès lexical bilingue a largement considéré les processus de contrôle des langues comme des mécanismes spécifiques au cerveau multilingue. Cependant, plusieurs publications récentes tendent aujourd’hui à suggérer que ce type de processus puisse également être à l’œuvre dans l’accès lexical monolingue, notamment lorsqu’il s’agit de contrôler le registre de langue. Ce projet de thèse vise ainsi à explorer les similarités entre accès lexical bilingue et monolingue, particulièrement du point de vue des processus de contrôle impliqués dans la sélection du registre de langue / de la langue cible. L’étude est menée au moyen de trois tâches expérimentales : une tâche de décision lexicale, une tâche de dénomination alternée, et une tâche de discours guidé. Lors de cette intervention, nous tâcherons de présenter brièvement les enjeux théoriques de la recherche sur l’accès lexical bilingue et monolingue, et nous pencherons sur la question de la place des registres de langue dans le lexique mental. Une présentation détaillée du protocole expérimental sera également proposée.


Noémie BAULANDE est doctorante à l'ED CLESCO et mène sa recherche doctorale au Laboratoire de NeuroPsychoLinguistique (LNPL) sous la direction de Barbara Köpke (PU, LNPL).

Mireille COPIN, " L'intérêt d'une tâche de segmentation pour étudier l'effet de l'influence linguistique et culturelle sur l'acquisition du français L2"

La variation chez les apprenants d’une langue seconde a souvent été étudiée sous l’angle de l’influence des structures linguistiques de la langue première. Les recherches récentes, grâce au développement de nouvelles technologies comme l’oculométrie, s’intéressent désormais à l’impact de ces structures au niveau cognitif. L’hypothèse de la relativité linguistique postule que les structures disponibles dans le répertoire langagier affecteraient la perception et la conceptualisation d’une scène ou d’un événement, ce qui expliquerait alors les différences de formulation lors de tâches de description.

Cependant, peu d’études se sont intéressées à la façon dont les locuteurs et les apprenants définissent un événement, l’oculométrie permettant de récolter des données sur ce qui est observé, mais pas sur le type et la durée des événements conceptualisés. Par ailleurs, l’impact d’autres facteurs que les structures langagières sur la cognition – comme par exemple les schémas socioculturels -- reste encore sous-étudié dans le cadre des recherches en acquisition.

Cette présentation a pour objectif de mettre en avant l’intérêt d’une tâche de segmentation pour apporter un nouvel éclairage sur les processus de perception des événements, ainsi que de présenter une manière d’intégrer les facteurs socioculturels et linguistiques dans un même protocole expérimental.
 

Mireille COPIN est doctorante à l'ED CLESCO et mène ses recherches au laboratoire LNPL sous la direction de Cyrille Granget (PU, LNPL) et Inès Saddour (MC, LNPL). Sa thèse s'inscrit dans le cadre du projet CLASS, Culture appropriation and Language Acquisition: the role of intercultural Sensitivity in Syrian learners of French, financé par l'ANR.


Cécile FERLIN, "Rôle des compétences phonologiques et de l’Empan Visuo-Attentionnel sur l’identification de mots en cas de surdité : comparaison d’enfants sourds hétérogènes à un groupe témoin entendant"

Chez l’enfant entendant, la Conscience Phonologique (CPh) est reconnue consensuellement comme un fort prédicteur de l’identification des mots écrits (Ehri & al., 2001). Une autre compétence, l’Empan Visuo-Attentionnel (EVA), est plus marginalement évoquée par certains chercheurs pour expliquer la constitution des représentations orthographiques de mots et leur identification (Bosse & Valdois, 2009).

A l’instar des modèles entendants, le développement de la lecture en cas de surdité est particulièrement documenté via le prisme de l’hypothèse phonologique (Charlier & Leybaert, 2000 ; Sterne & Goswami, 2000 ; Daigle & al., 2020). Cette hypothèse est toutefois âprement discutée (voir par ex : Gutierrez-Sigut & al., 2017 ou Costello & al., 2021) compte-tenu de l’accès limité à la phonologie en cas de surdité. Parmi les pistes alternatives investiguées par les chercheurs (Bélanger & Rayner, 2012 ; 2013 ; 2015 ; Emmorey & Lee, 2020), l’hypothèse visuelle a mis en lumière des stratégies particulières à cette population, en lecture de textes (ex : large empan perceptif, lecture par mots clés). En revanche, aucune étude ne s’est intéressée spécifiquement à l’EVA et à l’identification de mots isolés chez l’enfant sourd, à notre connaissance.

Ce travail de thèse propose donc d’interroger le poids des facteurs cognitifs CPh et EVA sur l’identification de mots écrits dans une population d’enfants sourds hétérogènes sur le plan linguistique et lexique, du CE2 au CM2.

Cécile FERLIN est doctorante à l'Ecole Doctorale CLESCO et mène ses recherches dans les laboratoires LNPL et CLLE sous la direction de Florence BARA (MCF-HDR, UMR 5263 INSPE-CLLE) et Christiane SOUM-FAVARO (MCF, EA 4156 LNPL). Sa thèse s'inscrit dans le PROJET PHONO-VAS-FOR-DEAF, Conscience Phonologique, Empan Visuo-Attentionnel et Identification des mots écrits, financé par la Fondation Pour l’Audition et l’ASEI.