Séminaire LNPL Emma DAGANAUD (CLLE et LNPL, UT2J) "Le traitement cognitif des verbes de déplacement" et Salma TRAD (LNPL, UT2J) "L'influence de l'émotion sur la compréhension de l'écrit en L2"

Publié le 10 mars 2024 Mis à jour le 1 avril 2024
le 3 mai 2024
14h
Maison de la Recherche, F417 (Amphithéâtre)
Ce séminaire est consacré à la présentation des recherches doctorales de deux doctorantes en 1ère année.

Emma DAGANAUD, "Le traitement cognitif des verbes de déplacement : exploration au sein de la maladie de Parkinson et de la maladie d'Alzheimer"

L'expression du déplacement a fait l'objet de nombreuses recherches au cours des dernières décennies contribuant ainsi à une meilleure connaissance des liens s'établissant entre le langage et la cognition. Dans la poursuite de ces travaux, cette thèse vise à affiner notre compréhension du traitement cognitif des verbes de déplacement et des composantes sémantiques qu'ils lexicalisent en confrontant des modèles lexico-sémantiques (Aurnague, 2008, 2011; Levin & Rappaport Hovav, 2005; Slobin, 2006; Stosic, 2019; Talmy, 2000) à deux modèles pathologiques au sein desquels sont décrits des déficits de traitement des verbes : la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Cette étude est motivée par le constat que l'expression de ces déficits diffère entre les deux pathologies et que de nombreux travaux portant sur la maladie de Parkinson postulent des liens forts entre l'altération des représentations motrices et celle du lexique y faisant référence, notamment pour les verbes de déplacement (Kemmerer, 2008, 2013). Or ces travaux ne sont que peu établis en français ou sont peu poussés d'un point de vue linguistique alors que nous disposons de descriptions lexico-sémantiques très fines de cette catégorie de verbes en français. Cette présentation s'attachera à définir les enjeux et les objectifs de notre projet. 

Emma Daganaud est doctorante à l'Ecole Doctorale CLESCO et mène ses recherches dans les laboratoires CLLE et LNPL sous la direction de Dejan Stosic (CLEE, UT2J et CNRS) et Mélanie Jucla (LNPL, UT2J).



Salma TRAD, "L'influence de l'émotion sur la compréhension de l'écrit en L2: l'effet différé d'une induction interne et externe "

La question de l’impact de l’émotion sur la cognition constitue aujourd’hui un champ de recherche abondant, tant en neurosciences qu’en sciences humaines. Plus spécifiquement, l’impact de l’émotion sur la compréhension de texte n’est pas encore désambiguïsé dans la littérature, et encore moins en L2. Il n’existe donc pas de consensus scientifique quant aux effets facilitateurs ou inhibiteurs de l’émotion sur la compréhension. Les résultats des études menées jusqu’ici semblent varier selon que l’on étudie l’effet de la valence émotionnelle du texte ou bien celui de l’état émotionnel des participants, mais également selon la dimension considérée pour évaluer la compréhension. C’est pourquoi cette thèse vient interroger cette question à travers deux études adoptant deux modes différents d’induction émotionnelle ; externe et interne avec un groupe contrôle neutre. La première étude s’intéresse à l’effet de l’état émotionnel triste et joyeux et vise à tester l’hypothèse formulée par le modèle RAM (Ellis & Ashbrook, 1988 ; Ellis & Moore, 1999) selon laquelle l’émotion mobiliserait une partie des ressources attentionnelles de l’individu aux dépens du traitement de la tâche en cours. Tandis que la deuxième, à l’inverse, se veut tester l’effet de la valence émotionnelle triste et joyeuse du texte sur la compréhension. Pour ce faire, quatre paramètres oculométriques seront mesurés puis comparés dans les deux études. Cette méthodologie semble renseigner moment par moment sur le traitement de texte (Godfroid, 2020), l’attention visuelle déployée, les stratégies de lecture en L2, ainsi que la mise en construction des représentations mentales sémantiques (Conklin & Pellicer-Sánchez, 2016). En effet, l’objectif est d’apporter de nouveaux éléments de réponse à la dyade émotion/compréhension en L2.

Salma Trad est doctorante à l'Ecole Doctorale CLESCO et mène ses recherches au laboratoire LNPL sous la direction de Cécilia Gunnarsson-Largy (LNPL, UT2J).